jeudi 27 octobre 2016

Touba Peycouck en images

En attendant de rassembler mes pensées pour vous écrire un petit résumé de cette première semaine, je vous transmets ces quelques photos qui je l'espère vous permettront de découvrir ce magnifique village, presqu'en ville, que l'on nomme Touba Peycouck.













lundi 24 octobre 2016

Dafay tang - Il fait chaud!

Je suis bien arrivé au pays de la Teranga vers 2h du matin heure de Dakar. Il fait chaud dehors et dans le coeur aussi. Je suis tellement reconnaissant de pouvoir vivre cette expérience.
Chaque semaine, je vous partagerai des écrits et des images sur ce que je vois, ce que je vis ici.

Je suis présentement dans les locaux de l'organisme  Mer et Monde où je recevrai les derniers détails concernant mon stage avant de rejoindre le village Touba Peykouk. Une fois là-bas, je rencontrerai ma famille d'accueil et je visiterai le collège où j'enseignerai le français, en plus de donner du soutien informatique aux enseignant-e-s.



À bientôt



Ismaël

jeudi 20 octobre 2016

Lettre à moi-même, à ma famille, à mes ami-e-s


Bonjour grand brun,

une longue route s’achève et une autre commence. 

En effet, j’avais depuis très longtemps comme souhait de partir découvrir la terre de mes ancêtres; cette autre partie de mon arbre généalogique qui m’est en grande partie inconnue.

Il y a bien longtemps que j’entendais cet appel vibrant et indicible. Ce long interurbain existentiel se faisait plus persistant depuis quelques années. Comme si des tambours lointains installés quelque part de l’autre côté d’une vaste étendue d’eau m’invitaient à les rejoindre pour participer à une rencontre aux dimensions toutes spéciales. Une rencontre avec soi, certes, mais avant tout une rencontre interculturelle entre deux univers aux racines à la fois diverses profondes.  

Il va de soi que je peux entendre cet appel d’outremer, car étant issue d’une rencontre entre deux cultures, mon identité, elle, se situe aujourd’hui quelque part au milieu de l’Atlantique, à mi-chemin entre la belle province et le Sénégal. 

Sur le continent bronzé de mon identité, je vis comme une sorte de croisement formidablement métissé entre l’érable et le karité. Un modèle hybride et sympathique d’apparence étrangère pour certain au Québec. Au Sénégal, terre de mes ancêtres, je serai sensiblement perçu de la même manière. Bref, un modèle hybride et sympathique d’apparence étrangère d’on les racines se partagent visiblement entre deux continents et peut-être même plus, qui sait. 

Étant plus jeune, j’ai souvent eu l’impression d’avoir à choisir entre différentes cultures, entre différentes croyances qui composent la constellation culturelle de ma famille et de mes proches. Aujourd’hui, je ne vois plus cette dualité entre les différents éléments qui composent mon identité et celle de ma famille. J’ai appris à voir les points communs entre ces différents systèmes solaires. En effet, ils émettent tous de la lumière, à leur manière. Ainsi, malgré le fait que ces systèmes de croyances soient tous différents, j’ai choisi de voir ce qui les unit, ce qui peut faire le lien entre ces différentes croyances et cultures qui composent mon identité et celle du monde. Comme si l’important n’était pas d’avoir à choisir entre le riz au poisson ou la poutine, mais bien de pouvoir savourer les deux tranquillement et en bonne compagnie.

Aujourd’hui, c’est dans cet esprit que je vais bientôt partir pour le Sénégal à la découverte d’une culture qui m’habite depuis ma naissance et qui m’est à la fois étrangère, ayant vécu toute ma vie en Occident. Je souhaite mieux comprendre ce qui unit mes deux cultures d’origines et ce qui peut unir les cultures du monde. 

À cette époque où nos différences sont souvent citées pour nous diviser, cette démarche que je souhaite entreprendre me semble d’autant plus importante, car l’humanité que nous partageons est plus importante que les étiquettes que nous portons où qu’on souhaite nous assigner.
    
Plus personnellement, à l’approche de ce stage en enseignement où je vivrai dans une famille sénégalaise, je me sens à la fois fébrile et anxieux. En effet, je vivrai certainement mon lot de moments mémorables et de situations déstabilisantes. Je le reconnais j’ai peur, car je sais que ce genre d’expérience peut bousculer l’esprit et les certitudes. Mais je sais aussi que la peur est pleine d’enseignement et qu’on grandit énormément à la regarder pour mieux comprendre d’où elle vient. Chose certaine, malgré mes craintes, je me sens prêt à vivre cette aventure! Je ne crois pas pouvoir être plus prêt à partir, d’autant plus que je vais manquer une partie de l’hiver! Au final, mes objectifs de stage sont simples. Je souhaite simplement apprendre, partager, écouter et vivre chaque instant de cette aventure avec un esprit d’ouverture, d’acceptation, de partage et d’humilité pour donner le meilleur de moi-même à la communauté.

Je ne changerai pas le monde. Je vais simplement contribuer à le rendre meilleur en partageant ma passion pour l’éducation, en aidant ma communauté d’accueil et en incarnant cette chaleur humaine qui caractérise le Sénégal et le Québec que je connais.

Une longue route s’achève et une autre commence; c'est décidément la fin d'un cycle. J’ai hâte de voir la suite!

Merci à ma famille, mes ami-e-s, ma députée Mme Françoise David et à Mer et Monde de m’aider à rendre tout cela possible!

Ismaël