mardi 13 décembre 2016

La fin de l’année à l’école

La fin de l’année approche. Ainsi, nous préparons les évaluations pour les élèves au Collège d’enseignement moyen de Touba Peycouck. Cela me permet aussi de discuter avec mes collègues enseignant-e-s sur les principes importants nous assurant de préparer de bonnes évaluations; c’est-à-dire des évaluations qui nous permettent de mesurer et de vérifier la progression des élèves en fonction de ce que nous avons précédemment enseigné durant l’année.


Cela semble simple à première vue, mais ce n’est pas tous les enseignant-e-s qui partagent ce point de vue. En effet, il n’est pas toujours facile de s’entendre, entre enseignant-e-s, sur le contenu et aussi la forme d’une évaluation. C’est pourquoi j’ai eu plusieurs discussions intéressantes avec mon enseignant associé pour mieux définir ce qui devrait être essentiel dans les évaluations que nous donnons aux élèves. Ces discussions sont importantes, car les évaluations déterminent en grande partie le cheminement scolaire des élèves ainsi que leur confiance et leur estime personnelle.

À ce sujet, imaginez-vous devant une évaluation avec des questions qui ne représentent pas ce que vous auriez pu apprendre durant un cours. Dans ce genre de situation, on se sent impuissant-e. De plus, nous pouvons aussi perdre confiance envers l’enseignant aussi bien qu’envers nos propres moyens. À ce sujet, la première évaluation que les élèves font durant l’année est particulièrement importante, car elle détermine grandement la confiance qu’ils et elles auront tout au long de l’année envers l’enseignant-e et le processus d’évaluation.


Parlant d’évaluation, ma visite de supervision finale de stage approche à grands pas, elle aussi. Je crois avoir beaucoup progressé depuis mes débuts ici. Dans le même ordre d’idées, j’ai demandé à mes élèves si j’étais un bon enseignant et ils ont répondu par l’affirmative, une chance ! Ensuite, je leur ai demandé ce que je faisais de bien. Voici ce qu’ils et elles m’ont répondu :


-       Tu expliques bien ;
-       Tu écris lisiblement au tableau ;
-       Tu fais des blagues ;
-       Tu nous aides à mieux comprendre.


Ensuite, je leur ai demandé ce que je devrai améliorer pour être un meilleur professeur. Ils n’ont pas voulu me répondre, mais mon enseignant associé, lui, avait une réponse : je dois être plus sévère avec les élèves qui dérangent. C’est intéressant, car c’est également un commentaire qu’on m’a laissé lors de mes stages précédents au Québec. Cependant, être sévère au Sénégal et dans la belle province me semble bien différent. J’ai parfois l’impression ici que certains élèves craignent leurs enseignant-e-s. C’est pourquoi, à mon avis, plusieurs jeunes n’osent pas poser de questions par peur de se tromper et de se faire réprimander. Ces élèves ont l’impression de ne pas avoir le droit à l’erreur. Pourtant, c’est justement grâce à nos erreurs que nous progressons. Si l’élève n’ose pas participer ou se questionner, il sera difficile pour l’enseignant-e de savoir ce qu’il sait et de savoir comment l'aider pour le faire progresser. Ainsi, il faut encourager la participation et l’erreur, car elles permettent aux élèves d’apprendre davantage.


Puis, en ce qui concerne la discipline, une partie du travail de l’enseignant consiste à créer un bon climat de confiance et de travail dans la classe tout en gardant le contrôle pour diriger cette belle collectivité. Certes, garder le contrôle de sa classe est un défi de tout instant. C’est pourquoi plusieurs enseignants font le choix d’être plus sévère et de limiter la liberté des élèves pour avoir un meilleur contrôle sur le processus d’apprentissage, notamment si la classe comprend un très grand nombre d’élèves comme c’est le cas au Sénégal. Pour ma part, j’aime laisser un peu plus de liberté aux élèves, mais ceux-ci doivent me montrer qu’ils et elles savent bien gérer cette liberté. Ce faisant, j’ai un moins grand contrôle sur ma classe, mais je crois que ce faisant je contribue à rendre les élèves plus autonomes et responsables. Cela est mon pari pédagogique et j’en assume les avantages et les inconvénients. Chose certaine, je tenterai d'ameliorer cet aspect de mon travail lors de mes futurs stages.


Finalement, pour célébrer la fin de l’année 2016, je suis en train d’organiser avec l’école une projection de films sur la protection de l’environnement. De plus, un enseignant qui fait aussi de la musique m’a proposé de réunir plusieurs rappeurs locaux pour « faire lever le party » avant la présentation du film. On va terminer l’année en grand à Touba Peycouck !


Pour avoir plus d'informations sur Cinécyclo, l'organisation avec laquelle je travaille pour organiser la projection de films, vous pouvez consulter le lien ci-dessous :
http://observers.france24.com/fr/20160609-senegal-cinema-velo-ecolo-itinerant 


Ismael


PS: Je trouvais qu'il manquait d'images dans cet article. Ainsi, je vous laisse sur quelques photos du Lac Rose ou Lac Retba du Sénégal.