Bonjour grand brun,
une longue route s’achève et une autre commence.
En effet, j’avais depuis très longtemps comme souhait de
partir découvrir la terre de mes ancêtres; cette autre partie de mon arbre
généalogique qui m’est en grande partie inconnue.
Il y a bien longtemps que j’entendais cet appel vibrant et indicible.
Ce long interurbain existentiel se faisait plus persistant depuis quelques
années. Comme si des tambours lointains installés quelque part de l’autre côté
d’une vaste étendue d’eau m’invitaient à les rejoindre pour participer à une
rencontre aux dimensions toutes spéciales. Une rencontre avec soi, certes, mais
avant tout une rencontre interculturelle entre deux univers aux racines à la
fois diverses profondes.
Il va de soi que je peux entendre cet appel d’outremer, car
étant issue d’une rencontre entre deux cultures, mon identité, elle, se situe
aujourd’hui quelque part au milieu de l’Atlantique, à mi-chemin entre la belle
province et le Sénégal.
Sur le continent bronzé de mon identité, je vis comme une
sorte de croisement formidablement métissé entre l’érable et le karité. Un
modèle hybride et sympathique d’apparence étrangère pour certain au Québec. Au
Sénégal, terre de mes ancêtres, je serai sensiblement perçu de la même manière.
Bref, un modèle hybride et sympathique d’apparence étrangère d’on les racines
se partagent visiblement entre deux continents et peut-être même plus, qui sait.
Étant plus jeune, j’ai souvent eu l’impression d’avoir à
choisir entre différentes cultures, entre différentes croyances qui composent
la constellation culturelle de ma famille et de mes proches. Aujourd’hui, je ne
vois plus cette dualité entre les différents éléments qui composent mon
identité et celle de ma famille. J’ai appris à voir les points communs entre ces
différents systèmes solaires. En effet, ils émettent tous de la lumière, à leur
manière. Ainsi, malgré le fait que ces systèmes de croyances soient tous
différents, j’ai choisi de voir ce qui les unit, ce qui peut faire le lien
entre ces différentes croyances et cultures qui composent mon identité et celle
du monde. Comme si l’important n’était pas d’avoir à choisir entre le riz au
poisson ou la poutine, mais bien de pouvoir savourer les deux tranquillement et
en bonne compagnie.
Aujourd’hui, c’est dans cet esprit que je vais bientôt
partir pour le Sénégal à la découverte d’une culture qui m’habite depuis ma
naissance et qui m’est à la fois étrangère, ayant vécu toute ma vie en Occident.
Je souhaite mieux comprendre ce qui unit mes deux cultures d’origines et ce qui
peut unir les cultures du monde.
À cette époque où nos différences sont souvent citées pour
nous diviser, cette démarche que je souhaite entreprendre me semble d’autant
plus importante, car l’humanité que nous partageons est plus importante que les
étiquettes que nous portons où qu’on souhaite nous assigner.
Plus personnellement, à l’approche de ce stage en enseignement où je vivrai dans une famille sénégalaise, je me sens à la fois fébrile et anxieux. En effet, je
vivrai certainement mon lot de moments mémorables et de situations
déstabilisantes. Je le reconnais j’ai peur, car je sais que ce genre
d’expérience peut bousculer l’esprit et les certitudes. Mais je sais aussi que
la peur est pleine d’enseignement et qu’on grandit énormément à la regarder
pour mieux comprendre d’où elle vient. Chose certaine, malgré mes craintes, je
me sens prêt à vivre cette aventure! Je ne crois pas pouvoir être plus prêt à
partir, d’autant plus que je vais manquer une partie de l’hiver! Au final, mes
objectifs de stage sont simples. Je souhaite simplement apprendre, partager,
écouter et vivre chaque instant de cette aventure avec un esprit d’ouverture,
d’acceptation, de partage et d’humilité pour donner le meilleur de moi-même à
la communauté.
Je ne changerai pas le monde. Je vais simplement contribuer
à le rendre meilleur en partageant ma passion pour l’éducation, en aidant ma
communauté d’accueil et en incarnant cette chaleur humaine qui caractérise le
Sénégal et le Québec que je connais.
Une longue route s’achève et une autre commence; c'est décidément la fin d'un cycle. J’ai hâte de voir la suite!
Merci à ma famille, mes ami-e-s, ma députée Mme Françoise David et à Mer et Monde de m’aider
à rendre tout cela possible!
Ismaël
Hâte que tu arrives l'ami!
RépondreSupprimerMon beau Ismael,
RépondreSupprimerAffronter nos peurs témoigne d'une force de caractère qui t'amenera sur le chemin du bonheur et de cette quête d'identité propre à chacun de nous.
À ta façon, tu changeras le monde ne serait-ce que par le simple fait que de changerla vie d'un seul enfant pour lui donner espoir et que tout est toujours possible quand on affronte nos peurs et qu'on ne lâche jamais dans l'adversité. Eh oui! Tu pourras crier haut et fort que tu as changé le monde et dire :
Mission accomplie, mon beau Ismael!!
Je suis certaine qu'entre la poutine, le riz et le poisson, tu trouveras ce que tu cherches. Aie confiance en toi car tu as toutes les ressources et cette brillance d'esprit pour réussir.
Tu es un jeune homme à part entière qui ira très loin. Ça, c' est l'évidence même.Crois la vieille dame qui t'écrit.
Hi!hi!hi!
Promets-moi une chose STP,
Take car of you OK.
BISOUS XXXXXX
Cher Ismael de mon coeur, je lis présentement le livre de Boucar Diouf "Rendez aux arbres, ce qui appartient aux arbres" et j'ai beaucoup pensé à toi. Boucar et toi, vous avez cette même sensibilité intelligente qui vous rend si beaux. Je t'aime et un jour si tu y retournes, j'irai avec toi au pays de tes racines.
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