Un stage en enseignement est une belle occasion pour parler de pédagogie et d’éducation! À ce sujet, je discute régulièrement avec mon enseignant associé et également nos collègues de l’école pour mieux comprendre le contexte éducatif et social sénégalais. J’aime bien penser que plus je connaitrai la réalité sociale des enfants qui viennent à l’école, plus je pourrai intervenir efficacement dans la classe auprès de mes élèves.
En effet, ce n’est pas fou « pentoute », car il y a quelques différences notables entre une classe au pays de la Teranga et une classe au Québec. Par exemple, il est rare de voir 75 élèves dans une classe pour un seul enseignant-e au Québec, comme c’est le cas pour ma classe de stage au Sénégal. Puis, devant les élèves, pas tableau blanc interactif, mais un tableau traditionnel avec quelques craies colorées pour mettre de la couleur dans le quotidien des élèves. Pour ma part, étant passionné de technologies numériques, cela représente un certain défi pour moi d’enseigner sans avoir recours à ces outils technologiques qui m’aident à dynamiser davantage mes cours.
Ainsi, au Sénégal, depuis le début de mon stage, j’ai l’impression de revenir à l’essentiel du métier d’enseignant. En d’autres mots, une classe toute simple avec un enseignant chevronné et des élèves motivés qui évoluent et apprennent ensemble.
Ensuite, au CEM de Touba Peycouck, j’ai souvent l’occasion de discuter avec d’autres enseignants qui souhaitent aussi se questionner sur leur pratique. Nos échanges sont très intéressants et illustrent bien les différentes valeurs de nos systèmes éducatifs et parallèlement de nos sociétés.
Par exemple, l’enseignant-e sénégalais-e, selon ma perspective personnelle et imparfaite, ressemble plus à un maitre qu’à un guide, comme le suggère le programme de l’école québécoise. De plus, ce maitre me semble plus près du savoir que des élèves. Ainsi, les jeunes qui ont plus de difficultés sont souvent laissés derrière, car l’objectif premier est de dispenser la matière du programme, comme semble le suggérer le système d’inspection des enseignant-e-s ici.
Pour ma part, je me suis donné, entre autres, comme objectif de soutenir les élèves en difficulté de ma classe de français lors de mon stage. Certes, cela représente tout un défi, dans ce contexte scolaire et social très différent où, notamment, l’adaptation scolaire n’existe pas.
À ce sujet, la semaine dernière, j’ai enseigné aux élèves sur la rédaction d’un texte descriptif. J’ai pu constater que le niveau de mes 75 élèves en écriture n’était pas du tout uniforme. En effet, certains élèves aimeraient avoir plus de défis alors que d’autres ont de la difficulté à écrire une phrase ayant un verbe. Que faire ?
Simplement, de son mieux !
Je ne suis pas un magicien, mais je suis certainement bronzé et motivé!
Ismaël
PS :
- Les élèves de ma classe sont très motivés! L’éducation est socialement très importante, malgré les difficultés du pays à entretenir son réseau public d’éducation.
- J’enseigne en classe de 6e. Mes élèves viennent tout juste de faire leur entrée au secondaire.
- Fait intéressant : les filles participent beaucoup plus que les garçons dans ma classe. Mon enseignant associé m’a dit que c’est courant au Sénégal de nos jours.
- La langue officielle du pays est le français, mais c’est généralement la deuxième langue des élèves. La première étant le wolof, le sérère ou le « al pulaar » dans ma classe. Le français n’existe pratiquement pas hors de l’école pour les jeunes enfants. Cela représente un grand défi pour l’apprentissage de cette langue.
- Apparemment, il y a un gros lézard caché dans le toit de notre salle de classe. Il me reste encore plus d’un mois pour vérifier si cela est une légende scolaire ou non!
- J'ai eu droit à ma première visite de supervision aujourd'hui. Apparemment, je suis un bon enseignant!
- Bravo à mon frère JM pour sa collation des grades à la Faculté de science politique et de droit et joyeux anniversaire à ma magnifique soeur Dior.
Les élèves ont-ils beaucoup de devoir à faire? Le genre de devoir peut être adapté selon la capacité de chacun . Ton désir d'aider les plus faibles est louable c'est ce que Je Passe Partout fait avec les enfants d'ici!
RépondreSupprimerBonne suggestion! Pour le moment, j'adapte beaucoup le contenu en classe et j'essaye de modéliser le plus possible ce que je souhaite voir chez les élèves. De plus, je mets beaucoup l'accent sur les activités d'écriture en classe. Elles me permettent de voir rapidement le niveau des connaissances des élèves en français. Les cours suivants j'adapte le contenu en fonction des difficultés que j'ai vues.
RépondreSupprimerLe nombre d'élèves et l'écart dans leurs apprentissages te demanderont de mettre en place une pédagogie inventive et adaptée.
RépondreSupprimerDévelopper des adaptations spécifiques ou élaborer un programme partiellement alternatif ou encore établir un plan de transition pour les élèves ayant des besoins particuliers, tout cela relève d'un défi plus que stimulant...
À suivre. Beaucoup de travail à l'horizon...
Très intéressant de lire ton parcours Ismael! Je ne doute pas que tu fais un bon enseignant. Bonne continuation!
RépondreSupprimerC Sukaina
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