Une journée après mon arrivée au Sénégal, l’équipe terrain de Mer et Monde m’a introduit au village de Touba Peycouck, dans la région de Thiès. C'est ici où j’effectuerai un stage en enseignement du français et de la micro-informatique, en plus de vivre dans une famille sénégalaise issue ce beau petit coin de pays.
Une des particularités de mon stage est que je souhaite apprendre le wolof, la langue parlée par la majorité des sénégalais. Cette langue est aussi parlée par ma famille d’accueil au Sénégal ainsi que ma famille paternelle que j’irai visiter une fois mon stage terminé. En deux semaines, j’ai bien progressé quant à mon apprentissage de cette langue. Ainsi, je crois pouvoir en étonner plusieurs, à mon retour à Montréal.
École
Pour le moment, en ce qui concerne mon quotidien d’enseignant, mes journées partagées entre l’apprentissage du wolof, la préparation de mes cours de français pour ma classe de 75 élèves (oui vous avez bien lu) et mes cours de micro-informatique pour les enseignant-es ocupent bien mon quotidien. De plus, plusieurs personnes dans le village ont manifesté leur intérêt pour pratiquer l’anglais avec moi. Ainsi, je m’improvise professeur d’anglais quelques fois par semaine. La demande est aussi très grande pour l’apprentissage de l’utilisation d’un ordinateur et des logiciels de présentation ou de traitement de texte. Ainsi, je dois être prudent pour bien gérer mon temps et mes énergies pour ne pas m’épuiser à la tâche.
Vie en famille
Ensuite, dans ma famille d’accueil, ici à Touba Peycouck, je vis sur une concession où habite près de 10 personnes. Je suis donc à la fois un frère, un fils et un neveu dans le nid familial. De plus, il y a beaucoup de personnes qui viennent nous rendre visite. En effet, la famille ressemble à un village et le village ressemble à une grande famille. Ainsi, on m’invite souvent voir la parenté un peu partout dans la communauté. Les gens sont sympathiques et très accueillants. Ils aiment me taquiner, en raison de mon nom.
Ismaël ou Ismaïla est très courant au Sénégal et les Seck sont aussi une des grandes familles du pays. Cependant, j’ai l’apparence d’un étranger. C’est pourquoi les gens sourcillent quand je leur dis mon nom complet. À ce sujet, au Sénégal, le nom de famille a une valeur particulière, car il indique en partie l’ethnie à laquelle tu appartiens, la région d’où viennent tes ancêtres et possiblement ta confession religieuse.
Bref, en raison de mes origines métissées, je corresponds peu aux caractéristiques sociales et culturelles des Seck typiquement sénégalais. C’est pourquoi on m’appelle sympathiquement Toubab Seck (Étranger Seck).
Cela constitue un oxymore. En effet, comment peut-on être un Seck et un étranger ou un Tremblay et ne pas savoir parler français? C’est la beauté du métissage, tout est possible quand tu es bronzé!
Bref, pour rigoler, je me présente aux gens avec le nom Toubab Seck. Cela fait bien rire les gens et initie bien des discussions. Je vis bien avec cela, j’accepte bien les aléas de cette "métissitude". Les gens me taquinent, mais ils m’aident aussi à mieux comprendre la langue, la culture et à m’intégrer à la communauté, à cette grande famille, un verre de thé à la fois, une taquinerie à la fois, un riz au poisson à la fois...
En somme, je vais bien et j’apprends beaucoup, sur le Sénégal, sur l’enseignement et sur la vie! Par ailleurs, j’ai beaucoup d’idées pour mes prochains articles. J’ai beaucoup à dire sur mon stage à l’école CEM Touba Peycouck, sur la vie en famille, sur l’importance d’écouter les ainés ici au Sénégal, sur l’importance de la religion pour la population et aussi sur les blagues de ma grand-mère sénégalaise qui souhaite que je me trouve une femme au Sénégal. Les prochaines semaines, comme les deux premières, seront assurément intéressantes, j’en suis sûr!
Au plaisir de vous écrire de nouveau pour vous partager la beauté de mon quotidien ici au Sénégal.
Ba beneen yoon sama xaarit yi! (Au revoir les ami-e-s!)
Ismaël
PS : Voici quelques photos de Gorée, patrimoine mondial de l'Unesco.
La porte du non-retour (esclavage)
Bonjour Ismaël,
RépondreSupprimerHeureuse de lire ton texte qui campe bien le bonheur de te retrouver au Sénégal et les petits aléas du quotidien alors que, sollicité de toutes parts pour toutes les bonnes raisons, tu avances pas à pas, avec bonheur, dans un univers fascinant. Au plaisir de te lire à nouveau sous peu.
Sylvie B
Un plaisir de te lire en ce triste lendemain d'élection américaine! Continue d'écrire ces petits bonheurs quotidiens qui font tant de bien.
RépondreSupprimerAmitiés,
Suzanne
Salut Toubab Seck! Fais le plein de ces belles expériences . Merci de partager ces moments avec nous. JP
RépondreSupprimerC'est très agréable d'avoir de tes nouvelles et ainsi nous voyageons un peu avec toi. C'est drôle parce que j'ai eu la même pensée que ta grand-mère par rapport à l'amour. Je me suis dit que tu reviendrais peut-être avec un amour dans tes bagages. Je pense à toi, je t'aime. Ta marraine
RépondreSupprimerDéjà plus deux semaines d'expériences vivifiantes en terres sénégalaises... Un rêve que tu caressais depuis belle lurette.
RépondreSupprimerJe n'ai aucun doute sur tes capacités à apprendre le wolof; déjà, j'ai mesuré ta facilité à assimiler l'espagnol lors de notre voyage à Cuba. Et que dire de l' inuktitut, après deux semaines dans le Grand Nord, tu en contrôlais les balbutiements.
Oui soixante-quinze élèves, c'est énorme! Quel type de pédagogie déploie-t-on dans ces classes? Devant cette réalité, mon expérience d'enseignant serait mise à rude épreuve; je serais contraint de revisiter mes principes méthodologiques ! J’ai hâte de t'entendre à ce sujet...
Tu sembles très sollicité : enseignement du français, de la micro-informatique, de l'anglais... Cela doit être essoufflant par moment.
École, classes, temps, famille, autant de réalités qui diffèrent des nôtres par plusieurs aspects. Prendre le temps de les apprivoiser dans toutes leurs nuances ouvrira de nouveaux horizons, une meilleure compréhension de l'humain. Que de belles expériences! Très heureux que tu nous les partages...
Je perçois un réel bonheur dans ton discours...
Michel
P.-S. Petites nouvelles du quotidien. Hier, Jean-Marcel montait sur la scène lors de la collation des grades de la Faculté de science politique et de droit; nous avons eu une pensée pour toi. Les Laurentides ont connu la semaine dernière la première chute de neige de la saison; tu vis présentement dans un autre monde climatique! Et c'est peu dire!