Déjà un mois passé ici au Sénégal, le temps passe trop vite ! Lors de
ce premier mois, j’ai grandement appris sur la culture sénégalaise et comment
elle peut se traduire à travers les deux grands aspects de mon stage ; la
vie en famille et l’enseignement au collège de Touba Peycouck.
En famille, j’apprécie beaucoup le temps passé avec mes proches. Au pays de la Teranga,
je constate que l’important n’est pas
nécessairement de faire quelque chose ou une activité spéciale. L’important
c’est tout simplement d’être ensemble. Que ce soit autour du plat pour le repas
ou devant la maison à discuter pour passer le temps en prenant le thé,
l’important c’est véritablement de partager des
moments ensemble.
Cela contraste beaucoup avec la vie que je mène à Montréal. Par moment, j’ai l’impression de ressentir une pression d’avoir à remplir mon quotidien d’activités pour « faire » quelque chose de mon temps ou de ma vie. Comme si on devait prouver en quelque sorte à son réseau social, réel ou vitruel, que nous sommes en mouvement et actifs à tout instant.
Au Sénégal, je peux passer de longs moments avec d’autres personnes à
simplement discuter de tout et de rien. Par ailleurs, dans mon quotidien,
il y a bien souvent des moments de silence entre les personnes. Au Québec, ce
genre de silence provoque souvent des malaises pour les jeunes de ma génération,
comme s’il fallait perpétuellement remplir les trous pour maintenir la
discussion par peur de subir les foudres du silence. Pour ma part, depuis le début de
mon stage, j’apprends beaucoup à apprivoiser le silence et ces moments tout
simples où nous sommes simplement là à partager un petit morceau de vie sur
Terre sans avoir toujours à parler ou à planifier une activité future.
À ce sujet, pour se saluer, il est commun que les sénégalais-e-s qui
parlent wolof utilisent la formule
suivante :
- Na ga def ? (Comment tu-fais?)
- Man gi fi rekk. (Je suis ici seulement)
En Occident, à force de courir
partout, on oublie souvent la chance d’être là tout simplement, de pouvoir
vivre et faire tous les petits détails anodins de notre quotidien. Pour ma
part, je passe beaucoup de temps dans le village sans faire de choses
extravagantes, mais je passe de très bons moments. Au final, ce qui compte le
plus, il me semble, c’est d’être en bonne compagnie, peu importe ce qu’on
fait et où nous sommes. Ainsi, je suis très reconnaissant d'avoir toutes ces belles personnes sur qui je peux compter, au Québec comme au Sénégal.
Ensuite, j’ai aussi pris contact avec ma famille paternelle qui se trouve dans une autre ville du pays. Tout le monde a bien hâte
de me voir et moi aussi ! De plus, ma famille d’accueil avec qui je vis
présentement a manifesté le souhait de m’accompagner
quand j’irai rencontrer ma famille paternelle près de la capitale de Dakar. Ainsi, chaque
fois où je reviendrai au Sénégal, j’aurai au moins deux grandes familles à visiter :
la famille Seck et la famille Sène-Diallo.
Puis, au collège de Touba Peycouck, je passe de très bons moments avec mes élèves
et également tous les professionnels de l’école. L’enseignement de l’informatique
avec le personnel scolaire me permet de rencontrer beaucoup de personnes et de
discuter régulièrement sur les différences culturelles et pédagogiques qui
influencent l’éducation au Québec au Sénégal. Cela sera probablement le sujet d’un
futur article sur ce blogue. Il y a tellement à dire sur le sujet et aussi
sur mon apprentissage du wolof qui progresse petit à petit.
Ainsi, je vous laisse sur une expression en wolof qui résume bien ce que peut être l’apprentissage d’une langue :
Dank dank, moy diap golo ci niaye. (Petit à petit, j’attraperai le singe de
la brousse.)
ou encore
Dank dank, piti moy defar tag. (Petit à petit, l’oiseau fait son nid.)
Ismaël
PS : Voici quelques photos variées que j’ai prises lors des
derniers jours. On peut y voir, entre autres, le collège où j’enseigne, la fête
de mon petit frère, la gestion des ordures et les environs du village.
Bonjour Ismaël tu as bien raison; trop souvent nous sommes victimes de la tyrannie de l'action. Socrates avait aussi raison; la vie sans retrospection ne vaut pas la peine. Merci pour ton blog.
RépondreSupprimerBonjour Ismaël! Je n'ai pas encore pris le temps de te dire que j'ai beaucoup de plaisir à lire ton blogue. La vie de volontaire est souvent abstraite pour plusieurs alors, ça permet de saisir un peu plus ce que tu vis et comment tu le vis. Je dois t'avouer que ça me donne vraiment envie... je me verrais bien avec un beau boubou coloré (en passant, ça te va bien!), à faire toutes ces belles rencontres et prendre le temps d'apprendre des autres et de partager. Je ne sais plus très bien quand tu pars à la rencontre de ta famille, mais je te souhaite de vivre de beaux moments aussi de ce côté-là. À la prochaine!
RépondreSupprimerSuper intéressant de te suivre Ismael. Quelles belles découvertes pour toi...Profites bien du temps qui reste. Au plaisir de te suivre.
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